L’Automne est passé en riant

L’Automne est passé en riant, il a rafraîchi Septembre qui flânait un peu trop dans les chauds souvenirs d’Août. Puis Octobre, tout d’orange et de vermillon, a pris la main aux feuilles des arbres et les a aidés à tomber jusqu’au sol. Mon tapis couleur coucher de soleil. Et les oiseaux qui s’envolent, fredonnant la même chanson. Quand l’Automne était enfin tout à fait là, il a fait froid jusqu’à porter plusieurs épaisseurs de vêtements et à commencer à tout empiler. Voilà les gros manteaux et les pompons sur les bonnets. Le soleil s’en allait de plus en plus bas et de plus en plus tôt. Les couleurs du ciel étaient sans doute les plus jolies de l’année. Et ce bruit des feuilles qui craquent sous les pieds, parmi la liste des préférés. Tout semblait aller. En Novembre, on allume tôt la lumière le soir, on allume même des bougies et on fait chauffer la bouilloire pour les grands thés et infusions en attendant l’Hiver sous la couette. Depuis le lit, regarder le ciel. Toujours le même. Et Décembre enrhumé est arrivé les poches chargées de paquets de mouchoirs. Laines, maillages et cachemire pour se protéger de ces petites batailles de quelques jours contre les maladies passagères. Malade, à cause du dedans ou du dehors. Qui sait ? Qui saura ? Personne n’a su. C’était de saison, de toute façon. Sur le cadran des heures qui tournent, les journées ont encore paru durer des années. Le soir tout noir, les lumières de la ville comme des lucioles, les retours à la maison en marche rapide et surtout, ce bout du nez tout froid. Ce cœur qui se durcit dans la poitrine. Ni douleur, ni fièvre. Le cœur en Hiver. Le cœur en jachère. Tout est brouillard le matin.

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Quand Janvier souffla sa 2017ième bougie, mes promesses de moi à moi furent écrites sur le carnet flamboyant. On a pu accueillir Février les bras grands ouverts. Nous sommes là, je t’attends. Janvier l’inspiration, Février l’expiration. Le désenchantement et les courts bonheurs parsemés. Février, toujours froid au bout du nez. Dans ces grands blancs nous attendons la lumière comme les enfants à la sortie de l’école. Ils appellent comme sifflent les oiseaux à la basse saison. Dis, c’est quand le Printemps ? Nous sommes là, prêts. L’Hiver s’est trop installé au creux de nous, tout est blanc, froid, fragile comme la neige. Mais ceci n’est que pour un court instant. Changement. La Nature reprend petit à petit ses couleurs mais elle se pleure elle aussi de ce temps si gris. Si gris et si long. Et cette pluie qui frappe aux carreaux. Cette pluie qui s’abat sur la ville comme la vermine et la grisaille. Cette pluie qui vous donne mauvaise mine. Faut-il alors aller vivre ailleurs ? Oh non. J’aime l’Hiver dans ce qu’il a d’immobile, de stable. Loin des gros orages, du tonnerre, du tremblement. Le vent d’Hiver, le vent froid sur les joues rougies, c’est quelque chose de joli. Et les balades en forêt, emmitouflés dans tout ce qu’on a de plus chaud à se mettre sur le dos. Cette petite fumée de chaleur qui forme des nuages au bout des lèvres quand on dit bonjour au-dehors. Les mots se hâtent le matin et dégringole dans la rigole sur le bord du trottoir. Il faut tout garder à l’intérieur et Février, s’en ira en souriant.

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Et Mars ! Et Avril ! Je les entends qui arrive en courant. Le Printemps est venu avec eux. Sur la pointe des pieds. Printemps timide. Printemps humide. Ce Printemps qui donne tout l’espoir du monde. Printemps nouvel élan. Printemps tête haute vers le ciel bleu.  Tête basse sur les fleurs qui poussent à nos pieds. Ce Printemps qui nous annonce que d’autres soleils sont en chemin. Les pétales qui s’étirent et montrent leurs couleurs. Nous sommes gardiennes d’un secret, à l’intérieur. Viens nous voir, attrape ce moment. Tendre les bras vers ce là-bas. Cueillir, saisir, éclore. Et les oiseaux chantent encore. Ils chantent plus fort. En voilà une de bonne nouvelle, mademoiselle, il va faire chaud et il va faire beau. Tout cela n’est-il pas suffisant pour réchauffer votre cœur souffrant ? Grimpons encore un peu sur le thermomètre. Baladons-nous les bras nus avec cette audace des premières sorties sans veste, ni écharpe. Nous pouvons monter tout là-haut et apercevoir les jours dorés. Vous verrez, votre cœur sera moins lourd et il attendra l’Eté avec tout ce qui lui reste au-dedans. Il est temps de prendre le temps dans ce déséquilibre constant. Tout cela est-il suffisant pour réchauffer votre cœur souffrant ?

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Qu’il est chouette ce Printemps et qu’il est bon de se sentir vivant,

Manon

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3 réflexions sur “L’Automne est passé en riant

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