Fragments de fin d’année.

Ces derniers temps ont été un peu bancales, je parlerai de fragments.

Illustration Marie

Illustration par Marie (@marie_jlv sur Instagram)

Elles prennent le temps de prendre le temps car elles savent que dans cette vie qui va vite, le temps est rare, le temps est rare. Alors face à la rade toulonnaise, en haut d’une colline qu’on a parfois envie de dire « la nôtre », elles lisent assises sur des fauteuils confortables derrière la baie vitrée, le corps tout au soleil. Au chaud. Elles savent que ces rayons lumineux sont précieux, qu’ils sont l’énergie des jours prochains.

Ils sont 8 autour d’une table basse. Certains sont sur des fauteuils, d’autres sur le canapé. C’est l’une des rares parties de cartes jouées ensemble, vivre éloignés par des centaines de kilomètres vous donne peu d’occasion pour des parties de cartes. Cette fois-ci ils se sont dits que c’était un moment à partager. C’est rare, c’est joli. Ils décident de jouer au Rami, certaines ne connaissent pas les règles du jeu. Et par un coup de chance inopinée, celle qui ne connaissait rien au jeu une heure plus tôt, finit par gagner.

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J’ouvre les volets et suis rapidement éblouie par le soleil, dehors. L’air frais du matin me frôle les joues. Je pousse une porte, puis l’autre. Il y a le bruit du bois contre les dalles au sol. J’aime cette lumière. Je sors de ma chambre, on me dit que mon papa dort encore. Avant même qu’on ne me le dise j’avais déjà prévu ce que j’allais faire : arriver sur la pointe des pieds, pousser la porte, sauter sur le lit pour le réveiller.

Mon père et ma sœur sont déjà remontés dans le Nord, je suis la dernière chez mes grands-parents. C’est le dernier soir. A table, après dîner, on prend le temps assis autour la table face aux lumières de la ville de se raconter. Je m’applique à expliquer ce qui m’attend pour les prochains mois et ce qu’il me plairait de faire comme métier. Même si je doute un peu, j’ai des idées. D’un œil fatigué mais intéressé, mamie me regarde, m’écoute attentivement pour comprendre. Elle me souhaite d’y arriver. Je souris. Je garde ces encouragements tout à l’intérieur, je sais que j’en aurais besoin plus tard, d’ici peu.

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Quelques jours plus tard.

Après un petit tour en voiture, elles trouvent où elles vont déjeuner, se retrouver, se raconter les choses qu’elles ne se sont pas écrites. Deux galettes plus tard, les crêpes dessert sont servies : le goût de cette gourmandise partagée restera longtemps sur mon palais.

8h30. Sa voie de petite fille tintinnabule dans la pièce d’à côté. Elle est réveillée. C’est sa mamie qui vient la voir, heureuse de la retrouver. Je les rejoints. On se lève, on se prépare, on descend les marches de l’escalier. C’est une expédition matinale silencieuse pour ne pas réveiller trop brusquement la maison endormie. On l’assoit avec nous, on lui sert un bol de céréales. Elle a sa petite tête du matin, ses petits yeux récemment ouverts, elle pose des questions rigolotes et elle nous fait rire. Nous voir rire la fait rire alors elle rit avec nous. Se lever tôt en vacances n’a jamais été aussi délicieux.

Nous avons fini de dîner depuis un moment déjà mais la conversation est si intense que personne n’a quitté table. Ce n’est plus un repas en famille, c’est une bulle, un cocon. On parle des grandes choses de la Vie et des petits détails de rien du tout. On échange des idées. J’ose évoquer des souvenirs pas très heureux qui font ma gorge se serrer. Je me sens entendue et comprise. Ensemble on s’écoute, on se laisse la parole, on parle doucement. Je me sens bien avec eux, je me dis que c’est précieux.

La four chauffe. Sur la table, de la farine en paillettes, 6 mains affairées à étaler de la pâte. Une petite fille assise sur une chaise, 3 coussins sous les fesses pour être à la bonne hauteur, elle tire la langue lorsqu’elle se concentre pour faire des biscuits avec les moules en formes variées. Elle pourra les goûter après la sieste.

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J’ai retrouvé mon stylo argenté. Je me dis que maintenant, c’est un bon moment. Je dessine au brouillon les contours des souhaits que je m’apprête à rédiger. Et puis j’y vais. Je remplis une, deux, trois cartes pour la nouvelle année. L’une d’entre elles partira en Espagne.

La porte vient de se fermer. Ils sont partis. Le moteur de la voiture démarre. Bientôt on ne voit plus que la lumière des phares du véhicule qui tourne au bout de la rue. Ils sont partis. Ils me manquent déjà mais je sais ma chance de les avoir eus auprès de moi ces derniers jours. Ils sont partis mais le plus beau, c’est qu’ils reviendront.

Dans ma chambre, sur une des étagères de ma bibliothèque, il y a des livres rangés dans un ordre particulier. A gauche, ceux que j’ai déjà lus. A droite, tous ceux que j’ai à lire : on me les a offerts, je me les suis achetés, ils sont arrivés là par hasard. Je viens d’en ajouter quatre à droite.

C’est tout juste si tous mes habits tiennent dans mon armoire, je crois que j’en ai trop, ou bien l’armoire est trop petite. Un tri est à prévoir. Je m’assois à mon bureau, je suis décidée à écrire. Les mots ne viennent pas mais les larmes elles, oui. Je sais que c’est un trop plein d’émotions, ça me fait du bien, au fond. Ca coule tout seul, ça me fait du bien, au fond.

En fragments. Ce sont les derniers jours de l’année. Et vous, c’était comment ?

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Comme vous avez peut-être pu le comprendre, l’année qui s’ouvre est pleine de promesses et de surprises pour moi. Elle est un nouveau défi, une aventure aussi, un cap à franchier, une nouvelle étape dans la grande découverte. Je crois qu’elle ne sera pas facile, elle me fait un peu peur car elle est pleine d’inconnu, mais j’ai hâte de découvrir ce qu’elle me réserve.

Ces derniers mois je me suis faite plus discrète ici, j’ai plus souvent hésité à cliquer sur « publier », j’ai cherché un sens à tout ça. Je pense comme Céline, et pour moi, comme elle l’explique très justement dans son dernier billet (une pépite, d’ailleurs), tout ce que je publie en ligne doit avoir du sens pour moi, je dois sentir que oui, c’est bon, ça, ça peut voir le jour sur la toile. Alors je sais que j’ai encore plein de choses à dire, à écrire, à mettre en mots, à mettre en noir sur fond blanc, il leur faut simplement du temps pour mûrir, elles viendront. Je les attends et je tâche d’être patiente.

Pour clore 2017, je voudrais vous adresser un grand merci : merci de me lire, de m’écrire, de me laisser des petits mots, de prendre le temps de vous arrêter pour jeter un œil. Merci, merci, merci.

Je vous souhaite une belle année, douce, animée, colorée, pétillante et plein d’amour.

 

Je vous dis à bientôt,

Manon.

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